Somaire :
- Le hadîth Mutawâtir
- Le hadîth Âhâd ou Khabaru-l-Wâhid
- Le hadîth Mash’hûr (المشهور)
- Le hadîth ‘Azîz (العزيز)
- Le hadîth Gharîb (الغريب)
Le hadîth, selon la manière dont il nous est transmis, se divise en deux catégories :
– S’il est relaté par un nombre de chaînes de transmission tellement grand qu’il est indéterminé, il s’agit alors du hadîth mutawâtir
– S’il l’est par un nombre déterminé de chaînes de transmission, il s’agit alors du hadîth Âhâd.
Chacune de ces deux catégories comporte des subdivisions et des détails qui seront mentionnés ci-après.
Le hadîth Mutawâtir
A. Définition
- Littéralement : Le terme Mutawâtir est dérivé du mot « Tawâtur« , qui signifie « succession ».
Par exemple, l’expression « Tawâtara al-matar » signifie : « les épisodes de pluie se sont succédé ». - Terminologiquement (Istilâhan) : Il s’agit d’un hadîth transmis par un nombre si important de personnes qu’il est logiquement impossible qu’elles se soient entendu pour l’inventer. En d’autres termes, c’est un hadîth (ou Khabar) transmis, à chaque génération (Tabaqa), par un groupe très nombreux de narrateurs, si nombreux qu’il est jugé impossible qu’ils se soient accordés pour inventer ce hadîth.
B. Ses conditions :
Les conditions pour qu’un hadîth soit considéré comme Mutawâtir sont au nombre de quatre. Les voici :
- Qu’il soit rapporté par un nombre conséquent de narrateurs.
Il y a divergence quant au nombre minimum requis. L’avis qui semble le plus correct est que ce nombre minimum est de 10. - Que ce soit à chaque maillon (Tabaqât) de la chaîne de transmission qu’il y ait ce nombre conséquent de narrateurs.
- Qu’il soit rationnellement impossible qu’ils se soient entendu pour inventer le hadîth.
- Que leur information repose sur une perception sensible (par les sens), comme le fait de dire : « Nous avons entendu », « Nous avons vu », « Nous avons touché », etc. Et ce par opposition à une information basée sur une déduction rationnelle. Par exemple : être d’avis que l’univers a commencé à exister à un moment donné, ce n’est pas un Khabar dont on dira qu’il est Mutawâtir.
C. Son statut :
Le hadîth Mutawâtir confère une certitude quant à l’information qui est transmise (al ‘Ilm ad-Dharûri). On le considère comme vrai, et on y croît, tout comme quelqu’un qui voit une chose de ses propres yeux croît en sa réalité ; Il ne doute pas de ce qu’il a vu. C’est pourquoi tout hadîth Mutawâtir est accepté, et nul besoin d’étudier la fiabilité de ses narrateurs.
D. Ses catégories :
Le hadith Mutawâtir se divise en deux catégories : le Mutawâtir Lafdhi et le Mutawâtir Ma’nawi.
- Le Mutawâtir Lafdhi (متواتر لفظي) : c’est celui dont les mots et le sens sont Mutawâtir.
Par exemple, le hadîth suivant : « Celui qui ment délibérément à mon sujet, qu’il prenne sa place en Enfer« . Ce hadith a été rapporté par plus de soixante-dix Compagnons, et ce nombre élevé s’est maintenu — voire a augmenté — dans les générations (Tabaqa) suivantes (chaque maillon de la chaîne de transmission). - Le Mutawâtir Ma’nawi : c’est celui dont le sens seulement (pas les mots, donc) est Mutawâtir.
Par exemple, les hadîth concernant le fait de lever les mains lors de l’invocation (Du’â) : on en relate du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) environ une centaine. Mais ce ne sont pas 100 hadîth qui parlent de la même invocation. Donc les mots de ces hadîth ne sont pas Mutawâtir, par contre le sens – lever ses mains lors de l’invocation – l’est.
Il existe beaucoup de hadîth Mutawâtir, comme la hadîth concernant le bassin (Hawdh), le passage des mains sur les Khuff (المسح على الخفين), le fait de lever les mains lors du changement de position durant la prière, etc.
Par contre les hadîth Mutawâtir sont peu nombreux comparativement aux hadîth Âhâd.
Le hadîth Âhâd ou Khabaru-l-Wâhid
A. Définition :
Littéralement, Âhâd est le pluriel de Ahad, qui signifie « un » ou « unique ».
Le Khabar ul-Wâhid signifie : ce qui est rapporté par une seule personne.
Terminologiquement, c’est tout hadîth qui ne réunit pas les conditions du Mutawâtir.
B. Son Statut :
Il confère une connaissance Nadhari (« أي العلم المتوقف على النظر والاستدلال »).
Il y a deux classifications possibles du hadîth Âhâd. L’une en fonction du nombre de ses chaînes de transmission (‘Adad Turuqihî), et l’autre en fonction de sa force (Quwwa) et faiblesse (Dhu’f).
Classification du hadîth Âhâd en fonction du nombre de ses chaînes de transmission :
Le hadîth Âhâd se divise, en fonction du nombre de ses chaînes de transmission, en trois catégories :
- le Mash’hûr
- Le ’Azîz
- Le Gharîb
1- Le hadîth Mash’hûr (المشهور)
A. Définition :
Littéralement, “Mash’hûr” est le participe passé du verbe « Shahara al-Amr » qui signifie : “rendre une chose publique, la diffuser”. Il est appelé ainsi en raison de sa large diffusion.
Terminologiquement, c’est le hadîth rapporté par trois narrateurs ou plus – à chaque niveau (Tabaqa) de la chaîne de transmission – sans atteindre le nombre requis pour être Mutawâtir.
Par exemple, le hadîth : « Allah n’enlèvera pas le ‘Ilm en l’enlevant (du cœur des) gens, mais Il l’enlèvera par la mort des savants, jusqu’à ce qu’aucun des savants ne reste. Les gens prendront alors des dirigeants ignorants qui, questionnés, donneront une réponse sans science. Alors ils s’égareront et égareront« . Il a été rapporté par al-Bukhârî (1/194 ; n°100), Muslim (4/2058 ; n°13), at-Tabrâni (n°6403), Ahmad (4/160) et al-Khatîb (5/312) par la voie de 4 compagnons : عبد الله بن عمرو بن العاص, زياد بن لبيد, عائشة et أبو هريرة.
B. Le hadîth Mustafîdh (المستفيض) :
- Littéralement, “Mustafîdh” est le participe actif du verbe “Istafâdha » (استفاض). Ce verbe signifie : être abondant, répandu.
C’est la forme X du verbe “فاض” qui signifie : déborder. D’où l’expression “فاض الماء” (l’eau a débordé).
En définitive, Mustafîdh signifie : connu, répandu. - Terminologiquement, il y a divergence quant à sa définition :
- 1er avis : C’est un synonyme du Mash’hûr
- 2nd avis : Il est plus particulier que le Mash’hûr, car on exige du Mustafîdh que les deux extrémités de la chaîne de transmission comptent un nombre équivalent de narrateurs, ce qui n’est pas le cas pour le hadîth Mash’hûr.
- 3ème avis : Il est plus général que le Mash’hûr
C. Le hadîth Mash’hûr dans le sens de “célèbre” :
Il y a des hadîth qui sont qualifiés de Mash’hûr car ils sont répandus, connus et célèbres.
L’adjectif “Mash’hûr” est alors à appréhender dans son sens littéral (et non dans son sens technique) qui est : “célèbre”.
Ce type de hadîth ne répond à aucun critère si ce n’est celui d’être célèbre. Il inclut donc :
– Les hadîth qui n’ont été rapportés qu’avec une seule chaîne de transmission
– Les hadîth qui ont été rapportés avec plus qu’une chaîne de transmission
– Les hadîth qui n’ont été rapportés avec aucune chaîne de transmission (qu’on ne peut donc pas qualifier de hadîth authentique)
Autrement dit, le fait de qualifier un hadîth de “Mash’hûr” dans le sens de “célèbre” ne donne aucune indication sur son authenticité : il se peut qu’il soit authentique comme il peut ne pas l’être.
D. Typologie du hadîth Mash’hûr (dans le sens de “célèbre”) :
- Le hadîth Mash’hûr parmi les spécialistes du hadîth (Ahl ul-Hadîth, أهل الحديث) en particulier.
Par exemple, le hadîth relaté par Anas (que Dieu l’agrée) selon lequel “le messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) a lu l’invocation du Qunût après la position du Rukû’ pendant un mois, invoquant (Dieu) contre Ri’l et Dhakwân”.
Ce hadîth est rapporté par al-Bukhâri (Chapitre concernant le Witr, n° 1003) avec un sens équivalent (بمعناه), ainsi que par Muslim (Chapitre concernant les mosquées, n°299) avec ces mots (بلفظه) et un ajout (زيادة ; c’est-à-dire d’autres informations). - Le hadîth Mash’hûr parmi les spécialistes du hadîth, les autres savants et le commun des gens.
Par exemple, le hadîth rapporté par al-Bukhâri (chapitre concernant la foi, n°10) et Muslim (chapitre concernant la foi, n°65) : “L’action licite la plus détestée de Dieu est le divorce”. - Le hadîth Mash’hûr parmi les savants des principes généraux du droit (Usûliyyûn, أصوليون).
Par exemple, le hadîth rapporté par Ibn Mâja et al-Hâkim : “Allah, le Très-Haut, a pardonné à ma communauté l’erreur, l’oubli, ainsi que ce qu’ils ont été contraints de faire”. - Le hadîth Mash’hûr parmi les grammairiens (النحاة).
Par exemple, le hadîth : “Suhayb est un bon serviteur. S’il ne craignait pas Allah, il ne lui désobéirait quand même pas”. Cette narration n’a aucun fondement (لا أصل له). - Le hadîth Mash’hûr parmi le commun des gens.
Par exemple, le hadîth : “La précipitation provient de Satan”. Rapporté par Tirmidhî.
E. Statut du hadîth Mash’hûr :
Il faut faire une recherche au préalable pour pouvoir déterminer si un hadîth Mash’hûr (que ce soit au sens terminologique ou au sens littéral) est Sahîh (authentique), Hasan (bon), Dha’îf (faible), ou Mawdhû‘ ( موضوع ; inventé).
Dans le cas où le hadîth Mash’hûr (au sens terminologique) est authentique, il est d’un niveau supérieur (Râjih ; راجح) que le hadîth ‘Azîz et le hadîth Gharîb (que nous aborderons par la suite).
F. Des compilations célèbres de hadîth mash’hûr :
Il n’y a pas eu de compilations de hadîth Mash’hûr. Parcontre, si par « Mash’hûr » on entend le mot en son sens littéral (qui est : « célèbre »), alors effectivement il y en a eu des compilations.
En d’autres termes, ce sont des livres qui rassemblent les hadîth célèbres et répandus parmi les gens.
En voici une liste succinte :
1- المقاصد الحسنة فيما اشتهر على الألسنة de as-Sakhâwî
2- كشف الخفاء ومزيل الإلباس فيما اشتهر من الحديث على ألسنة الناس de al-‘Ajlûnî
3- تمييز الطيب من الخبيث فيما يدور على ألسنة الناس من الحديث de ibn ud-Daybagh al-Shaybâni
2- Le hadîth ‘Azîz (العزيز)
A. Définition :
- Littéralement, c’est un adjectif dérivé du verbe “’Azza – Ya’izzu” (عز) (avec Kasra) qui signifie : “être peu nombreux, être rare”, ou de “’Azza – Ya’azzu” (avec fatha) qui signifie : “être fort”.
Il a été nommé ainsi soit en raison de son faible nombre, soit en raison de sa “force” (dans le sens où il est rapporté non pas par une seule mais deux chaînes de transmission différentes). - Terminologiquement, c’est le hadîth dont le nombre de rapporteurs n’est jamais inférieur à deux, et ce à tous les niveaux de la chaîne de transmission.
En d’autres termes, il ne doit jamais y avoir moins de deux rapporteurs à aucun niveau de la chaîne de transmission.
Si, à un des niveaux de la chaîne de transmission, il y a trois rapporteurs ou plus, mais qu’à au moins un niveau il n’y a que deux rapporteurs, c’est tout de même un hadîth ‘Azîz car, pour définir quel type de hadîth c’est, on prend en compte le maillon qui comporte le nombre le plus petit de rapporteurs (العبرة للأقل).
Selon Ibn Hajar, c’est cette définition qui est la bonne.
Cependant, selon certains savants, le ‘Azîz est : un hadîth relaté, à chaque niveau, soit par deux rapporteurs, soit par trois.
Selon eux donc, dans certains cas, il n’y a pas de différence entre le ‘Azîz et le Mash’hûr.
B. Exemple :
Le hadîth : « Aucun de vous ne sera croyant tant que je ne lui suis pas plus cher que son enfant, son père et l’humanité entière. » Rapporté par Muslim (n°69), relaté par Anas. Aussi rapporté par al-Bukhârî (n°15), relaté par Abû Hurayra (que Dieu les agrée).
L’a relaté de Anas : Qatâda, et ‘Abd ul-‘Azîz ibn Suhayb.
L’a relaté de Qatâda : Shu’ba et Sa’îd.
L’a relaté de ‘Abd ul-‘Azîz : Ismâ’îl ibn ‘Ulayya, et ‘Abd ul-Wârith.
Et ainsi de suite, un groupe de narrateurs a rapporté de chaque maillon.
Ce hadîth est donc qualifié de ‘Azîz car, à chaque niveau de la chaîne de transmission, le nombre de narrateurs n’est jamais inférieur à deux, bien qu’à certains niveaux il soit supérieur à deux.
NB : Il n’y a pas de livres dédiés au hadîth ‘Azîz. Il semble que ce soit en raison du petit nombre de ce type de hadîth.
3- Le hadîth Gharîb (الغريب)
A. Définition :
- Littéralement, Gharîb signifie : “isolé”, ou “loin de ses proches”.
- Terminologiquement, c’est le hadîth qu’un seul narrateur relate (on pourrait dire de ce narrateur qu’il est “isolé” (sens littéral de Gharîb), puisqu’étant le seul à rapporter ce hadîth).
Autrement dit, c’est le hadîth dans la chaîne de transmission duquel il y a, à au moins un niveau, un seul rapporteur et ce peu importe qu’à un autre niveau il y en ait davantage car (comme on l’a vu précédemment) pour définir quel type de hadîth c’est, on prend en compte le niveau qui comporte le nombre le plus petit de narrateurs.
B. Seconde dénomination :
Beaucoup de savants appellent le hadîth Gharîb : al-Fard. Selon beaucoup de savants, Gharîb et Fard sont des synonymes. Mais certains autres sont d’avis que ce sont deux catégories distinctes.
Ibn Hajar met en évidence que la plupart du temps, lorsque les savants emploient le terme « al-Fard« , ils désignent en fait : « al-Fard al-Mutlaq« , et quand ils emploient le terme « Gharîb« , ils désignent en fait : « al-Fard al-Nisbi » (nous allons aborder ces deux catégories ci-après).
C. Les différentes catégories de hadîth Gharîb :
On divise le hadîth Gharîb en deux catégories selon le niveau de la chaîne de transmission où il y a un seul narrateur (Tafarrud).
Ces deux catégories sont : le hadîth Gharîb (ou Fard Mutlaq), et le hadîth Gharîb (ou Fard Nisbi).
- Le hadîth Gharîb Mutlaq ou Fard Mutlaq :
C’est le hadîth dans la chaîne de transmission duquel il y a eu un seul narrateur à la base (Asl, أصل). La base (Asl, أصل) de la chaîne de transmission, c’est le niveau où il y a le compagnon (Sahâbi). Autrement dit, lorsqu’un compagnon est le seul (parmi les compagnons) à rapporter un hadîth, on qualifie ce hadîth de Gharîb Mutlaq.
Exemple : le hadîth rapporté dans Muslim (Chapitre de l’autorité, n°155) et al-Bukhâri (chapitre de la foi, n°1) : « Les actes ne valent que par les intentions », seul le compagnon ‘Umar ibn ul-Khattâb l’a rapporté. Il y a donc un seul narrateur à la base de la chaîne (Tafarrud).
Ensuite il y a deux possibilités quant à la suite de la chaîne de transmission:- Soit le Tafarrud continue jusqu’à la fin de la chaîne de transmission
- Soit, à un ou plusieurs maillons de la chaîne (après celle du compagnon), il y a plusieurs narrateurs.
- Le hadîth Gharîb Nisbi ou Fard Nisbi :
C’est le hadîth dans la chaîne de transmission duquel il y a Tafarrud après la niveau/maillon du compagnon. C’est-à-dire qu’il y a plusieurs rapporteurs qui le rapportent à la base de la chaîne, mais ensuite, au cours de celle-ci, il y a Tafarrud.
Par exemple, le hadîth rapporté dans al-Bukhâri (n°4286) et Muslim (n°450) : Mâlik a rapporté d’az-Zuhrî de Anas (que Dieu l’agrée) que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) est entré à La Mecque, portant un casque.
Seul Mâlik le rapporte d’az-Zuhrî. Il y a donc Tafarrud de Mâlik.
Cette catégorie est appelée Gharîb Nisbi (relatif), car le Tafarrud est relatif à une personne déterminée.
D. D’autres catégories de hadîth Gharîb Nisbi :
Il y a des types de Tafarrud qu’on peut considérer comme Gharîb Nisbi (relatif), car le Tafarrud n’y est pas absolu (Mutlaq) mais relatif à quelque chose en particulier (بالنسبة إلى شيء معين). Les voici :
- Le fait qu’un narrateur fiable (ثقة) soit le seul (Tafarrud) à rapporter un hadîth.
Par exemple, lorsque les savants du hadîth disent : « aucun narrateur fiable ne l’a rapporté à part untel ». - Le fait qu’un narrateur spécifique soit le seul (Tafarrud) à rapporter d’un autre narrateur.
Par exemple, lorsque les savants du hadîth disent : « untel est le seul à rapporter (ce hadîth) d’untel ». Et ce même si ledit hadîth est rapporté par d’autres chaînes de transmission (من وجوه أخرى), c’est-à-dire qu’il y a d’autres rapporteurs qui rapportent ce hadîth d’autres rapporteurs. - Le fait que les narrateurs d’une ville ou d’une région spécifique soient les seuls (Tafarrud) à rapporter un hadîth.
Par exemple, lorsque les savants du hadîth disent : « Les mecquois / les habitants du Shâm sont les seuls à rapporter ce hadîth ». - Le fait que les narrateurs d’une ville ou d’une région spécifique soient les seuls à rapporter des narrateurs d’une autre ville ou région.
Par exemple, lorsque les savants du hadîth disent : « Les habitants de Basra sont les seuls à rapporter (ce hadîth) des médinois », ou encore : « les habitants du Shâm sont les seuls à rapporter (ce hadîth) des habitants du Hidjâz« .
E. Une autre classification du hadîth Gharîb :
En fonction de si c’est uniquement la chaîne de transmission qui est Gharîb ou si c’est la chaîne de transmission ainsi que le contenu du hadîth (Matn, متن) qui le sont, il y a deux types de hadîth Gharîb :
- Le Gharîb en Matn et en Isnâd (غريب متنا وإسنادا), c’est-à-dire le hadîth dont le contenu (Matn) et la chaîne de transmission (Isnâd) sont Gharîb : c’est le hadîth dont un seul rapporteur a relaté le contenu.
- Le Gharîb en Isnâd uniquement (غريب إسنادا لا متنا), c’est-à-dire le hadîth dont la chaîne de transmission est Gharîb, mais pas le contenu.
Par exemple, c’est le hadîth dont le contenu a été relaté par un groupe de compagnons (donc le contenu n’est pas Gharîb), mais qu’un narrateur quelconque est le seul à rapporter d’un autre compagnon (donc la chaîne de transmission est Gharîb).
C’est au sujet de ce type de hadîth que at-Tirmidhi dit : « (ce hadîth est) Gharîb par cette chaîne de transmission » (غريب من هذا الوجه).
F. Les livres dans lesquels on retrouve beaucoup de hadîth Gharîb :
- Musnad ul-Bazzâr
- al-Mu’jam al-Awsat de at-Tabrâni (المعجم الأوسط)
G. Les compilations les plus célèbres de hadîth Gharîb :
- Gharâ’ibu Mâlik de ad-Dâraqutni (غرائب مالك)
- al-Afrâd de ad-Dâraqutni (الأفراد)
- السنن التي تفرد بكل سنة منها أهل بلدة de Abû Dâoûd
Source : تيسير مصطلح الحديث de محمود الطحان
Wallâhu A’lam (Dieu sait mieux)